mercredi 5 mai 2021

Seuls chez Jean Pierre

Une journée privilégiée hier avec Gabriel sur la voie normale de l'Ossau, vierge de traces et très remplie de neige pour la saison.





lundi 3 mai 2021

Au revoir Monsieur Hamad Awad Alzalabieh

La papa d'Atayek, grand ami de Wadi Rum en Jordanie, nous a quitté hier, emportant avec lui son regard malicieux, sa discrétion, sa manière d'en imposer sans ne rien dire et toute une vie dans le désert au travers des décennies. La plupart de ceux avec qui j'ai eu la chance de partager les plaisirs de la pierre là-bas se souviendront sûrement de ce monsieur qui nous conduisait parfois à Barrah Canyon ou nous invitait à un grand repas familial festif. Des pensées très affectueuses à toute la famille.

mardi 13 avril 2021

Fin de stage de guides

Toujours en Vanoise la semaine dernière, avec une meilleure météo pour les derniers jours. Bravo Julien, Kim, Quentin, Loïc et Sébastien








dimanche 4 avril 2021

Arête Mettrier aux Dômes de Miage

Retrouvailles avec le massif du Mont Blanc, son altitude et ses belles lumières... Bravo Kaoli ! 








vendredi 26 mars 2021

Ski au Petit Gabizos

 



Message de Béatrice gardienne du refuge de la Glère

 Ouverture printanière du refuge de la Glère

Le refuge de la Glère ouvre à partir de samedi 27 mars

Comme l’été dernier il y a un protocole : 

Le refuge peut recevoir 30 à 40 personnes (et non 60)

Il faut monter son sac de couchage (pas de couverture au refuge).

Il n’y a pas de restauration collective autorisée donc ce sera de la restauration chaude ou froide « à emporter » dans le dortoir.

Pour la définition complète et la réservation le : 06 80 01 25 64

 Et en cette saison « différente » les refuges voisins ne sont pas gardés.

Et attention au Campana de Cloutou il n’y a ni refuge, ni abri … juste une dalle béton.

 A bientôt là-haut




dimanche 21 mars 2021

Nos petits devenus grands

Journée alpinisme pour Martin Thivel, Joan Griso, Nino Langlumé et Luc Sio du team La Débandade Ski. Chapeau les artistes.






mercredi 17 mars 2021

Nouvel ouvrage de Damien Lemière

Après la parution l'année dernière d'un topoguide de randonnées consacré aux crêtes des Pyrénées-Atlantiques (Pyrénées sur un fil. Pays basque, Béarn. 34 randonnées en crête), sa suite va paraître le 18 mars, consacrée aux Hautes-Pyrénées (Pyrénées sur un fil. Hautes-Pyrénées. 34 randonnées en crête). Pour en savoir plus sur le contenu et consulter des extraits, tout est disponible sur le site de la maison d'édition

D'autre part, la réédition du livre Lescun tous azimuts, co-écrit avec Jean Lacazette, sera aussi disponible en librairie à partir du 18 mars. 


vendredi 5 mars 2021

Ecobuages ou écocides ?

Je remercie la préfecture de région de Nouvelle Aquitaine qui, le jeudi 4 mars, a fini par imposer le report des "écobuages" jusqu'à la fin de l'épisode de pollution aux particules fines. Source : Sud-Ouest

Je remercie également les agriculteurs, les éleveurs et ceux qui n'ont rien à voir avec cette économie mais qui aiment simplement mettre le feu, d'avoir respecté cette interdiction en vallée d'Ossau, laissant un peu de répit à nos poumons car aujourd'hui, il n'y a en effet pas eu d'incendies dans la vallée. Toute la région se trouve en "dispositif préfectoral activé" suite aux mesures d'ATMO, comme l'atteste l'image du jour ci-dessous, avec un indice "mauvais" jusqu'à Poitiers et "extrêmement mauvais" pour les alentours de Pau et de Bayonne, où se trouvent les capteurs les plus proches des montagnes pyrénéennes.


En vallée d'Ossau, les incendies sont continus depuis plusieurs jours, plongeant la population dans une épaisse fumée de particules fines PM 10 et 2.5, comme l'attestent ces images :

Depuis Gourette le 01 03 2021

Bielle le 02 03 21

Laruns le 03 03 2021

Conjuguées aux poussières en suspension du Sahara également présentes, qui d'après ATMO joueraient un rôle important dans l'épisode de pollution (hormis le fait qu'elles transportent aussi du Cesium 137 datant de nos essais nucléaires en Algérie, non nocif d'après les experts), les fumées d'incendies ont rendu l'atmosphère particulièrement irrespirable en montagne comme en plaine.

Nos clients montagnards ou les familles venues découvrir nos vallées au travers des différentes activités que l'on peut y exercer, s'étonnent de ces incendies parcourant des flancs entiers de montagnes, nécessitant parfois l'intervention des pompiers pour protéger routes et habitations, comme à Geteu le samedi 20 février par fort vent du sud. S'ils se demandent si l'air de leurs vacances n'est pas finalement plus vicié que celui des villes desquelles ils viennent, il leur sera généralement répondu que :

- c'est ancestral
- c'est indispensable au pastoralisme
- ça fertilise l'herbe et ça élimine les broussailles
- ça n'a aucun impact sur la bio-diversité
- c'est légal

C'est d'ailleurs ce que nous avait rétorqué en 2019, d'une manière assez lapidaire, le directeur départemental des Territoires et de la Mer du 64, suite à un courrier rédigé par l'ensemble des guides de haute montagne de la vallée d'Ossau, adressé au préfet pour lui faire part de quelques doléances quant aux impacts des feux de brousse sur nos activités et la santé publique, tout en proposant des solutions afin que tourisme et pastoralisme, tous deux indispensables à la survie de nos vallées de montagne, cohabitent au mieux.

Pour ma part, je ne suis ni éleveur, ni agriculteur, ni né dans cette vallée où je n'habite que depuis 32 ans. Il me manque donc des éléments pour tout comprendre et je sais que le monde agricole n'a pas la vie facile, qu'il fait face à des enjeux et des craintes que je ne mesure pas. J'ai cependant un avis, en tant que citoyen et acteur du tourisme, sur les arguments systématiquement rétorquées lorsque ce sujet brûlant, excusez le mauvais jeu de mot, est abordé. 

- ancestralité de la pratique : ce qui est ancestral, c'est l'écobuage au vrai sens du terme, à savoir de rassembler en tas les espèces envahissantes des endroits pâturés après les savoir arraché, de les brûler, puis de répartir les cendres sur le pâturage afin de fertiliser l'herbe. Entre cette pratique et le fait de brûler directement tout le versant nord des Pyrénées, qui de l'Atlantique à la Méditerranée, est mystérieusement devenu en quelques années un vaste pâturage d'après la carte de prévisions des écobuages, des solutions adaptées à notre époque et à nos enjeux sanitaires et climatiques doivent exister.

Carte en ligne de Serpic.net

Je n'ai toujours pas croisé de brebis endémique pyrénéenne aux pattes aval plus longues que les pattes amont, lui permettant de tenir debout dans les pentes herbeuses quasi-verticales des Cinq Mont ou de la Montagne de Pan et je ne comprends donc toujours pas en quoi brûler de tels endroits a un quelconque rapport avec le pastoralisme. Par contre je suis à l'écoute si on veut bien me l'expliquer, il est probable que quelque chose m'échappe.

- indispensable au pastoralisme : oui les troupeaux diminuent, les modes d'exploitation évoluent, le modèle économique aussi. Un berger de Bilhères m'expliquait par exemple que le plateau du Bénou était surtout pâturés maintenant en été par des troupeaux de vaches habituées le reste de l'année aux terrains des plaines, donc moins agiles, allant moins haut, moins loin pour brouter, favorisant donc la reprise de la broussaille au fil du temps et donc la réduction de la surface exploitable. Ce qui impose un entretien des abords de ces pâturages. Mais peut-être pas de brûler toutes les pentes environnantes, si raides qu'aucune bête n'a jamais mis et ne mettra jamais les pattes. Un berger d'Ariège, Loïc Defaut, explique très bien, dans une lettre ouverte à son préfet en 2017, en quoi effectivement, ce qu'il appelle à juste titre des incendies et non des écobuages, sont indispensables d'une certaine manière au pastoralisme, si on jette un coup d'oeil à l'octroi des aides de la PAC, notamment en page 4 où son "brûler plus pour gagner plus" résume assez bien la situation. Le montant de ces aides étant public, on peut le consulter sur le site telepac en entrant par exemple un code postal. 

- fertilisation de l'herbe : avec mon regard de novice, il m'est arrivé de comparer la reprise de l'herbe entre un endroit brûlé et un autre laissé intact. Ça avait été le cas par exemple en 2019 sur les pentes en versant ouest du Port de Béon où une moitié avait été brûlée et pas l'autre. Même orientation, même altitude, quelques mètres d'écart. Effectivement, quelques semaines plus tard, les pentes brûlées commençaient à verdir avec 15 jours d'avance sur leurs voisines. Par contre j'ai pu constaté qu'en juin, lorsque les troupeaux sont susceptibles de rejoindre ces pâturages, la densité et la hauteur de l'herbe est exactement la même qu'elle ait été brûlée pendant l'hiver ou pas. D'autre part, si le feu et la cendre fertilisent l'herbe, comme se fait-il qu'ils ne fertilisent pas aussi les ronces et les fougères de la même manière ? On peut en effet observer que les racines résistent toujours au passage rapide du feu (voir photo ci-dessous à la Montagne du Rey) mais que le fait d'avoir éliminé la feuille de la ronce par exemple donne plus d'incidence au soleil du printemps, augmentant la vigueur de la plante qui n'est plus étouffée par ses propres feuilles. Je me demande donc si tout ceci ne sert pas au final à fertiliser les espèces envahissantes, à augmenter leur présence et donner de nouveaux arguments pour recommencer à brûler l'année suivante. Enfin, je m'interroge souvent pour savoir par quel étrange sortilège l'herbe pousse et le pastoralisme vit en Aragon, côté sud du col du Pourtalet, sans passer par l'épreuve du feu ?Loïc Defaut, ce berger d'Ariège explique tout ceci bien mieux que moi dans son document, ainsi que les méthodes qu'il met en oeuvre pour entretenir ses pâturages.


- aucun impact sur la biodiversité : je ne suis pas naturaliste et d'après la réponse que nous avions eu en 2019 de la part de la  préfecture des Pyrénées Atlantiques "la question de l'impact de l'écobuage sur la biodiversité reste certainement à préciser même si plusieurs études scientifiques sont d'ores et déjà rassurantes à ce sujet". On attend d'en savoir plus donc au sujet des insectes, rampants, oiseaux, batraciens, reptiles, canidés et autres cervidés vivant sur des flancs de montagnes dévastés par le feu en quelques heures, parfois en quelques minutes lorsque le vent du sud y met du sien... Dans un contexte de péril écologique où toutes les études démontrent que nos équilibres et notre survie tiennent à la préservation de chaque espèce, des scientifiques, probablement endémiques, se veulent "rassurants" pour nos Pyrénées carbonisées.

- c'est légal : oui, ces incendies sont autorisés... et c'est bien le problème ! Le préfet en est responsable mais il en délègue la gestion à chaque maire ou commission locale d'écobuage. Il n'y a pas besoin d'être un grand politologue pour comprendre que pour être réélu, mieux vaut aller dans le sens de ceux qui causent le plus fort, comme à chaque échelle de ce qu'il reste de notre République moribonde. Suite au décès de 5 randonneurs pris dans un incendie en février 2000 au Pays Basque, il a fallu faire quelque chose pour prévenir les montagnards de ce risque mortel. Ainsi est né le site jaimel'agriculure64, censé informer les randonneurs d'où ils ne doivent pas aller entre le 15 octobre et le 30 avril, c'est à dire à peu près partout dès que le temps est sec, puisque toutes les Pyrénées sont appelées à brûler. Une carte des feux prévus est mise en ligne à 10 h du matin, ce qui est un peu tard pour les matinaux... La manière idiote et infantilisante avec laquelle est représenté le randonneur sur le dessin ci-dessous, issu du même site, résume assez bien je trouve la perception locale du tourisme de montagne.


Enfin, vous me direz, rajouter de la pollution à la pollution, c'est quand même pas comme si on avait été touché par une crise sanitaire due à un virus dangereux au point de nous priver de nos libertés fondamentales, en s'attaquant aux voies respiratoires des plus faibles...