Comment déjà appelle t'on un régime qui décide de qui a la droit de manifester et de qui n'en a pas le droit ? Un pouvoir qui juge quelles revendications sont légitimes et peuvent être exprimées et lesquelles ne le sont pas ?
Comment appelle t'on un Président de la République, qui, ni ministre de l'intérieur, ni préfet, outrepasse totalement ses fonctions en donnant un ordre général d'interdiction de manifester ? Selon l'article 5 de la Constitution, il veille, par son arbitrage, au respect de la Constitution. Il assure le fonctionnement normal des pouvoirs publics et la continuité de l’État.
Contrairement à ce que je croyais jusqu'à aujourd'hui, la liberté de manifester n'est pas inscrite dans la Constitution. Son principe est rédigé ainsi :
La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 affirme, dans son article 11, que "La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi." Sans que la manifestation soit expressément citée dans cet article, le Conseil constitutionnel, dans sa décision du 4 avril 2019, considère que le "droit d'expression collective des idées et des opinions" découle de cet article 11. En conséquence, le droit de manifester est un droit fondamental. Source : Vie Publique
Il s'agit donc d'un "droit fondamental", finalement un droit un peu flou. Tout comme est flou le fait de devoir nommer premier ministre une personne issue du groupe parlementaire arrivé en tête des élections législatives. Notre président s'est assis sur cette tradition en 2024, tout en restant dans les règles de la Constitution, puisqu'elle ne dit pas que c'est obligatoire. Sauf que ses prédécesseurs n'avaient pas osé le faire. Il a ainsi préféré le chaos au respect de la tradition Républicaine, au respect du vote citoyen et à l'acceptation de sa défaite, qu'il s'est de surcroit octroyé tout seul comme un grand, puisqu'il avait lui même provoqué cette élection sans que personne ne lui demande rien.
Au vu de la détestation profonde que ce monsieur a envers toute forme de contre-pouvoir, même les plus conventionnels et à sa capacité à mépriser et provoquer ouvertement le peuple, "ces gens qui ne sont rien" comme il sait le dire, je pense qu'il y a de quoi se faire un peu de soucis. À moins que nous préférions un pouvoir pyramidal et autoritaire, qui décide de ce qui est bon pour nous. C'est plus simple... tant qu'on est persuadé d'être dans le camp des bons citoyens et que la police ne frappe qu'aux portes des autres.
Droit fondamental : ça ne veut donc finalement pas dire grand chose, selon qui a le pouvoir de l'interpréter.
Les mesures d’exceptions qui restreignent les libertés, prises dans des circonstances exceptionnelles comme leurs nom l'indiquent, finissent toujours, à un moment ou un autre, par être inscrites dans le droit commun. C'est le cas de la grande majorité de celles appliquées pendant l’état d’urgence qui a fait suite aux attentats de Paris et qui a duré deux ans.
Danger
