jeudi 8 février 2024

Ouverture des refuges

Un message de Béatrice, gardienne du refuge de la Glère concenant les ouvertures de refuges :

Massif du Néouvielle
Avec le nouveau refuge d’Aygues-Cluses ouvert depuis le 19 juin 2022, le tour hivernal du Néouvielle hivernal est au complet pour une belle boucle.
Aygues-Cluses est ouvert et gardé du 10 février au 30 avril : la nouveauté de cet hiver
Campana de Cloutou est ouvert et gardé du 9 février au 20 avril
La Glère est gardé du  10 février au 12 mai
Oredon est gardé non-stop à partir du 3 février jusque octobre
Oule est gardé jusqu'au 31 mars
 
Massif du Vignemale
Wallon Marcadau est gardé non-stop jusque octobre
Oulètes de Gaube devrait ouvrir du 24 février au 27 avril
Bachimana est gardé non-stop
Respomuso devrait ouvrir à partir du 16 mars


 

 

Un peu d'alpinisme

 De belles conditions ces derniers jours, avec Martin mon fils puis Juliette, Antoine et Vincent

 








jeudi 1 février 2024

Retour aux montagnes

Après un peu plus de deux mois à pédaler en Afrique australe et de l'est, je retrouve nos belles montagnes et je ne peux pas dire que je subisse un gros choc thermique. Il faisait presque plus frais au Kenya à la fin du voyage qu'en vallée d'Ossau en rentrant. Un épisode de liberté mais aussi d'observation, si j'en doutais encore, des règles économiques abjectes qui régissent le monde. "Leur vie est une peine, un tourment, qu'ils supportent avec une endurance et une sérénité stupéfiantes". Ébène, aventures africaines. Ryszard Kapuscinski.

Je me rappelle à présent que j'ai un beau métier, dans un coin pour le moment particulièrement privilégié de la planète et voici les options restantes sur les stages que je propose, si ça vous dit d'aller là-haut. Pour le ski de rando il va falloir patienter un peu dirait-on, mais pour l'alpinisme il y a de belles choses à faire et je suis aussi disponible sur demande pour des engagements en direct.

Devenir Autonome en Alpinisme Hivernal les 24 et 25 février : il reste 1 place

Initiation au Ski de Rando le 26 février : il reste 3 places

Initiation au Ski de Rando le 3 mars : il reste 4 places

Initiation au Ski de Rando le 23 mars : il reste 2 places

Raid à ski Marcadau - Aragon - Vignemale du 25 au 29 mars : il reste 3 places

L'ensemble de mon programme hivernal et printanier se trouve sur cette page pour l'hiver et sur cette page pour la suite de l'année

 


 

jeudi 18 janvier 2024

Thanatos, yéyé


Je profite du temps que j’ai devant moi avant d’arriver à Nairobi au Kenya, en roue libre pour conclure un voyage démarré il y a deux mois en Namibie avec mon vélo. Un blog permettra de trouver quelques infos et ressentis sur cette itinérance africaine si cela intéresse des adeptes. Ce temps suspendu est l’occasion pour moi d’écrire un peu ou plutôt de reprendre une ébauche de texte laissé à l’abandon, pour évoquer une ascension de la cascade de glace Thanatos au Cirque de Gavarnie le 20 février 2023. 

Parmi les balises dans ma vie d’alpiniste, il y a eu la Grande Cascade. Overdose, la bien nommée par ses quatre ouvreurs complètement visionnaires et un peu allumés en 1978. 

Rainier Munsch, Bunny, qui nous manque tellement et que j’ai toujours envie d’appeler en rentrant de montagne pour lui raconter ma journée, comme quand j’étais jeune guide. Il n’y a plus personne au bout du fil depuis 2006. C’est en grande partie en rencontrant Bunny en 1985, alors qu’il nous encadrait avec mon père et d’autres pour un stage d’initiateur de ski de randonnée, que j’ai voulu devenir guide. 

Dominique Julien, l’homme du Cirque, qui y a tout inventé en une décennie et qui a aussi, bien avant tout le monde, parcouru un grand nombre de ses chemins de gel en solo intégral. 

Serge Castéran, la passion, qui parle d’escalade ou de musique avec des yeux brillants et malicieux. Si vous voulez savoir quel matos il faut pour telle voie ici ou là, il les connait toutes et soyez certains que vous partirez avec un sac léger si vous suivez ses conseils.

Michel Boulang. Il m’avait donné une cargaison de pitons à la grande époque de l’artif à Vilanova ou au Verdon. J’en ai encore de ceux-là c’est certain. Ils dorment de plus en plus dans un placard. Ce sera bientôt à mon tour de les transmettre. Secouriste, il est décédé en mission en 1997. 


Le 3 février 1999, grippé, excédé de ne pas pouvoir aller au Cirque parce que cloué au lit depuis deux jours alors que les conditions s’annonçaient exceptionelles, je m’étais levé sur un coup de tête malgré les vents contraires et j’avais gravi Overdose en solo. Je préfère dire la Grande Cascade, c’est plus poétique. Mais Overdose résume bien ce que j’avais ressenti une fois l’ascension réalisée. J’y avais passé 3 heures et c’était la troisième ascension seulement après l’ouverture en 1978 et une répétition en 1986 par Máximo Murcia et Guillermo Mateo. Alors j’avais compris tout le sens du nom donné par les ouvreurs pour cette grande chute de glace. Il m’avait fallu du temps pour en redescendre, subjugué par ce que j’y avais trouvé, une ambiance dantesque d’un autre monde. Je me souviens des sensations englouties qui m’ont longtemps bercé pour m’endormir et qui mettaient aussi mes réveils en joie.

 


À peine de retour au pied, je m’étais dit qu’un jour je ferai la même chose dans Thanatos, en face, comme une évidence. Les années ont défilé. Très vite, trop vite. 24 ans pour le coup. L’idée est devenue au fil du temps un vieux fantasme de jeunesse, de ceux qu’on ne réaliserait finalement jamais et ce serait peut-être beaucoup mieux comme ça. Thanatos a été ouverte en 1986 par Dominique Julien et Serge Castéran, s’y reprenant à plusieurs fois car pour l’époque, c’était très raide. Pour ma part, la première fois que je l’ai faîte, c’était en 1994 avec Jordi Tosas, munis de Pulsar, les super piolets du moment mais dont les manches encore droits ne faciltaient pas la tâche dans les champignons de la seconde longueur. La fois suivante c’était avec Laurent Soyris en 2007, en encadrant les jeunes des équipes du CAF.


Peu de temps après, il y avait eu un créneau où j’étais prêt à y aller. Les piolets Nomic voyaient le jour, Petzl m’avait prêté des prototypes. Je m’étais amusé à modifier l’affutage des lames, mais je ne suis pas bricoleur pour un sou. C’est mon démon, prendre un outil m’emplît de panique. Par chance, la veille de ce projet, je travaillais en école au panneau du tunnel de Bielsa et mes piolets ne faisaient que désancrer de manière intempestive. J’étais rentré à la maison sagement, rangeant une fois encore mon fantasme au fond d’un tiroir fermé à double tour. La glace et les occasions de grimper dans du raide se faisant de plus en plus rares depuis, j’avais définitivement lâché l’affaire. Enfin, c’est ce que je croyais.


En rentrant d’Arabie Saoudite début février dernier, d’où nous nous sommes plus ou moins fait virer ma bicyclette et moi pour des raisons que je n’ai pas trop maîtrisé, j’atterrissais à Genève et retrouvais Kaoli. Elle voulait faire du ski, mais comme il y avait de la glace partout à ce moment là, on a plutôt chaussé des crampons. Nous avons grimpé au Fer à Cheval notamment, que nous découvrions l’un comme l’autre. À vrai dire, Kaoli découvrait aussi la glace à ce moment là, ou quasiment. Je ne sais pas de quoi elle est faîte. En tout cas, elle a mis la capuche par dessus le casque, subit docilement la traversée de Folly de Gauche après avoir fait Folly de Droite la veille et pour ma part, au fur à mesure que ces longueurs défilaient, je retrouvais les bonnes sensations d’antan. L’idée de faire Thanatos en solo m’est alors revenue comme une évidence.


Une journée d’autoroute du sud non-stop, certainement l’endroit le plus dangereux dans une vie de guide pyrénéen, un repas bien arrosé chez mes parents le soir même et quelques heures plus tard, je me suis retrouvé au pied de Thanatos, sans aucun stress, discutant le temps que le jour se lève avec Igor et son copain, à peu près comme si j’etais accoudé au comptoir d’un bar. Le jour point enfin. Premier coup de piolet. Je constate comme à chaque fois que la glace, c’est toujours beaucoup plus raide que ça n’y parait d’en bas, mais maintenant, de toutes façons, c’est parti. Du plaisir, encore du plaisir au fur et à mesure que les mètres défilent. Une grimpe épurée, fluide, mesurée, le corps qui répond, l’esprit qui se réjouit, le vide qui se creuse et je m’en délecte. La voie a beaucoup été faîte les jours précédents. Il suffit de poser les piolets là où les autres l’ont fait et d’évoluer avec toute la légèreté de l’âme. Plus qu’un mètre pour sortir du cigare vertical. Un ancrage qui ne me convient pas, je le refais plusieurs fois, change de main sur mon piolet, regarde mes pieds et ces pointes de crampons que je trouve tout à coup bien dérisoires. Je me dis furtivement que je me livre quand même à un exercice un peu toxique et qu’il va falloir que ces idées de solos s’arrêtent à mon grand âge. Rester dans le coup pour les 100 derniers mètres que l’on croit toujours faciles dans Thanatos mais qui ne le sont pas et les banquette de neige sont déjà là. Comme l’espace temps change quand on est seul : il aura suffit d’un peu plus d’1h30, c’est encore à peine le petit matin. 


Dans la descente par l’Échelle des Sarradets, la seule réflexion qui me vient, c’est de me dire que quand même, je suis un alpiniste. Comme si j’en doutais après toutes ces années à arpenter, arpenter, arpenter… Également, que le beauté de ce Cirque me fascinera jusqu’à mon dernier souffle. À vrai dire, de tout ça, je n’ai pas trop su qu’en faire. C’était juste à ce moment là le cours normal de ma vie. De délicieuses minutes d’extase, de liberté et de culot mais aussi un paradis artificiel. Je note quand même que je me suis remis à fumer le soir même pour quelques temps, un truc que j’avais pas vu venir ! 


Une dizaine de jours plus tard, j’ai revisité avec Patrick Bourg une tout autre cascade même s’il s’agissait de la même. Entre-temps, il avait copieusement neigé, un froid de gueux s’était installé dans le Cirque, où nous étions seuls, luxe suprême. Toutes les traces de passage avaient disparu. Il fallait souvent déblayer la neige avant d’ancrer. Des flûtes fragiles empêchant de poser le pied dans le rocher à droite au niveau du cigare étaient apparue et j’ai eu un mal fou à gravir cette section, me demandant bien quelle mouche avait pu me piquer pour faire ça sans corde avec mes petits bras qui faiblissent si vite. C’est ce Thanatos là qui m’a vraiment marqué finalement, car avec Patrick nous avons bien lutté chacun à notre manière dans la solitude glaciale du Cirque et c’était aussi une sorte de célébration de plusieurs années de cordée commune. Nous étions fiers comme des bar tabac là-haut, parfaitement essorés et frigorifiés. De ces moments d’une vie de guide qu’on oublie jamais. 

 




 






mardi 14 novembre 2023

Départ en voyage

Je serai en voyage vélo en Afrique du 15 novembre 2023 au 24 janvier 2024. Mes activités de guide reprendront à mon retour. Je ne serai plus joignable par téléphone pendant cette période mais je resterai disponible par mail ou WhatsApp pour répondre à vos questions ou vous inscrire sur les sorties si vous le souhaitez. Mon programme est en ligne en cliquant ici

Pour les topos de nouvelles voies destinés à mon site, je ne pourrai pas les mettre en ligne sans mon ordinateur, mieux vaudra donc attendre début février pour me les envoyer. Merci.

Je souhaite à tout le monde un très bon début d'hiver, à bientôt




jeudi 9 novembre 2023

Retour à Wadi Rum

Nous avons beaucoup hésité avec Kaoli avant de partir grimper à Wadi Rum dernièrement. Si proches d’un carnage en cours juste pour accomplir nos loisirs d’occidentaux nantis. Rien ne justifie de tuer des femmes et des enfants, d’un côté comme de l’autre. Phrase souvent entendue là-bas. Tout n’est qu’affaire de marchands d’armes et de gouvernements corrompus, extrémistes, si mal élus, quand ils sont élus. Phrase souvent entendue là-bas. Les peuples n’aspirent qu’à vivre en paix, à voir leurs enfants grandir. Phrase souvent entendue là-bas. Pourquoi Président Macron déteste t’il les musulmans ? Phrase souvent entendue là-bas. Un discours de Mathilde Panot à l’Assemblée Nationale appelant à respect du droit international et des résolutions de l’ONU qui circule sur les réseaux sociaux en Jordanie. «This french woman has exactly the right word» disent-ils. L’humanité est redevenue folle. On est monté dans l’avion  quand même. L’envie de voir Atayek, sa famille, ses enfants et les amis déjà sur place l’a emporté. Cette année de fil en aiguille le thème s’est porté sur les voies Rémy ou Duverney des années 80, des grosses cheminées intimidantes qui nous ont fait bien marrer et dans lesquelles on a pas toujours fait les malins. Et aussi des voies récentes et magnifiques de Rémi Laborde, Steph Marigot et Christian Ravier. Des photos sur mon site en cliquant ici