mardi 6 septembre 2022

Topo d'escalade sur le Cirque de Lescun

Francois Carrafancq et Christian Ravier sont entrain de réaliser un topo d’escalade (voies rocheuses) sur le Cirque de Lescun (entre le vallon de Lazerque et les Orgues du Boué). Si vous avez matières (textes, topos inédits, photos) qui pourraient enrichir leur travail, elles seront les bienvenues. Merci pour eux.
Contact : Christian Ravier cravier@club-internet.fr

Francois Carrafancq y Christian Ravier estan en el proceso de hacer un topo de escalada (vías rocosas) en el Cirque de Lescun (entre el valle de Lazerque y los Organos du Boué). Si tienes materiales (textos, topos inéditos, fotos) que puedan enriquecer su trabajo, serán bienvenidos. Gracias por ellos
Contacto : Christian Ravier cravier@club-internet.fr


 

lundi 5 septembre 2022

Opération Tarentaise

Cet été en rentrant de la Meije, je suis passé en voiture par le col du Glandon versant Maurienne. Une route qui m'a paru magnifique et aussi rappelé mon ignorance de tous ces grands cols alpins dont on entend plus particulièrement parler lors du frénétique Tour de France. Ce beau Glandon m'a donné l'idée de consacrer une semaine à pédaler dans le coin en septembre avant de reprendre du service à l'ENSA à Chamonix. Parti avec comme première idée de faire une boucle en itinérance entre Tarentaise, Maurienne et Romanche, en mode léger comme j'aime, le prix des hébergements dans ces coins a un peu calmé mes ardeurs. En regardant plus précisément les cartes, je me suis dis qu'il y avait déjà de quoi pas mal s'occuper pendant quelques jours en Tarentaise uniquement, si, en collectionneur invétéré que je suis, je prenais les uns après les autres depuis le fond de la vallée tous les cols et montées en stations. De plus Kaoli m'a proposé de me prêter son camion pour me poser le soir, ce qui a fini de me décider pour cette option. Voici un résumé des ascensions effectuées (en aller-retour donc) de lundi à vendredi dernier :

Je ne connaissais presque pas le coin à part un peu la Grande Casse et le Grand Bec en alpinisme, honnêtement bien peu attiré par l'industrie hivernale de la glisse qui, comme je l'ai constaté avec tous les chantiers en cours à l'approche de la prochaine saison, continue son immuable extension. Toujours plus haut, toujours plus équipé, toujours plus destructeur et consommateur d'énergie, toujours plus destiné à une élite financière, avec des hôtels 5 étoiles en construction partout, qui seront fermés 8 mois par an, mais qu'importe, ou des résidences secondaires de luxe occupées une ou deux semaines à l'année. À vrai dire, c'est un sentiment d'écœurement et de décalage qui l'a emporté en accédant à certaines de ces usines à cash aux paysages sacrifiés.

Par contre, j'ai aimé les petits villages de vallée, le bar de Landry où j'avais pris mes habitudes pour la bière de récupération, le petit coin tranquille où je me posais le soir à Sangot, les nombreuses fontaines permettant de se ravitailler... Côté cyclisme, mentions spéciales pour les 28 épingles de la petite route déserte aux senteurs méditerranéennes entre Saint Marcel et Notre-Dame-du-Pré, pour la belle apparition de l'Aiguille des Glaciers en montant le Cormet de Roselend, pour la régularité et douceur de la pente au Petit Saint-Bernard qui permet de prendre un rythme sportif soutenu. J'ai fini par Tignes et l'Iseran mais sans partir de Bourg-Saint-Maurice car j'ai eu peur de la circulation sur cette grosse route d'accès à Val d'Isère, un peu échaudé par les autres montées en stations où tout le monde avait de l'air de conduire pressé, énervé ou en ayant besoin de montrer qu'il en a une plus grosse que les autres. Je n'ai pas regretté car ça m'a laissé le temps de descendre à Bonneval-sur-Arc et de remonter, profitant du contraste saisissant entre ces deux versants de la montagne et espérant bien que ce fond de la Haute Maurienne saura pour toujours préserver sa tranquillité. 




dimanche 28 août 2022

Semaine dans les Dolomites, suite...

Après la face nord de la Civetta, nous comptions rester sur les pas de monsieur Solleder en allant faire sa voie au Sass Maor mais renseignement pris auprès du gardien du refuge de Velo della Madonna, il y déjà pas mal de cordées avec le même projet pour le lendemain, notamment des groupes du stage de guides Ensa également en déplacement dans les Dolomites. On change donc d'idée au dernier moment et nous orientons vers la logique combinaison des voies Castiglioni-Detassis à la Pala del Rifugio et Weissner-Kees au Sass d'Ortiga, située l'une au-dessus de l'autre et proposant mine de rien plus de 900 mètres d'escalade. 

Partis tôt du parking, les difficultés modérées et un rocher alvéolé d'excellente qualité nous permettent d'avancer d'un bon pas dans la première voie sur la Pala del Rifugio, en progressant souvent simultanément parmi les merveilleux paysages du Val Canali.


 

Dessin en deux secondes de Kaoli dans le cahier sommital de la Pala del Rifugio
 
D'ici, le magnifique pilier du Sass d'Ortiga se dresse à portée de main, une invitation à la grimpe...


Bien que raide et orgueilleux, ce pilier se gravit sans dépasser le V, à part un court passage en 6a quelques mètres sous le sommet. C'est certainement une des plus belles escalades des Dolomites dans ce niveau de difficulté, au rocher irréprochable et tellement ludique. Nous y retrouvons une cordée d'italiens arrivés directement du refuge ainsi que Mathias Dunand des Contamines-Montjoie avec des copains guides et aspis en vacances grimpantes dans le coin. Une fin de voie et retour en vallée en bande ainsi bien sympas.


Pour le dernier jour avant de faire la route de retour, il nous faut un peu de courage pour remettre le réveil à 4h puis remonter les 800 m de sentier bien raide menant au joli bivouac Carnielli au pied du Spigolo Nord-Ouest (voie Gianeselli) du Spiz di Mezzo dans le val Pramper au-dessus de Forno di Zoldo. C'est une voie que je voulais faire depuis longtemps pour son tracé élégant et surtout parce qu'elle se situe dans un coin tranquille. Nous ne l'avons pas regretté. L'escalade sur ce pilier raide est très astucieuse et bien typique des Dolomites. Une belle façon de terminer ce court voyage et surtout de garder l'eau à la bouche pour d'autres aventures sud-tyrolienne que j'espère très prochaines...



Monsieur Solleder en 1925

Parmi les grandes parois et faces nord historiques, il en est une qui ne laisse pas insensible la première fois qu'on l'aperçoit, c'est celle de la Civetta, la Paroi des Parois comme la surnomment les grimpeurs germanophones, "Die Wand Aller Wânde". Ce qui tombe bien, c'est qu'elle se situe dans les Dolomites, un massif que j'adore et que j'essaye de fréquenter au moins une fois par an malgré son éloignement depuis le village reclus de Sévignacq-Meyrac en vallée d'Ossau. Entre les tours et parois de sable de Wadi Rum et celles calcaires du Sud-Tyrol, mon cœur balance mais la fascination est à chaque fois renouvelée et je retrouve dans ces deux coins du globe les mêmes sensations et envies de grimper dès que je lève la tête.

Un rallye automobile de 1500 km (en BMW s'il vous plait pour la première partie jusqu'à Chamonix, conduite "le coude à la portière en insultant les passants" comme disait l'ami Bunny, car le hasard a fait que Yves le copain garagiste grimpeur peu inquiet m'a prêté la veille de partir et pour un mois cet étonnant véhicule gris métallisé coupé sport, le temps qu'il répare mon Peugeot Partner vieux de 400 000 km qui a lamentablement échoué à son dernier contrôle technique et que ça va me faire tout drôle de retrouver après une telle débauche de luxe) nous dépose à Agordo, la résidence d'été du guide et ami Philippe Brass auprès duquel on passe glaner quelques derniers renseignements. Bien nous en prend car il nous refile un très bon topo et se propose gentiment de nous monter au-dessus du refuge Vazzoler, ce qui réduit à 45 minutes l'approche de fin d'après-midi au refuge Tissi où ne nous attendent que de belles surprises : nous serons seuls demain dans cette face nord haute de 1100 m et large de 3 km, les gardiens vraiment accueillants nous prêtent une frontale car Kaoli a laissé la sienne en vallée et nous passons la soirée à discuter avec un couple de randonneurs australiens très sympas.

J'ai failli partir dans cette voie Solleder un peu la fleur au fusil, en tennis d'approche comme souvent dans ce type de difficulté, mais en appelant un ou deux copains juste avant de monter au refuge, leurs sons de cloches ont été unanimes : à la Civetta, ça grimpe, les cotations sont serrées et dans cette voie, il est facile de s'égarer. Finalement, je n'ai pas regretté d'avoir pris les chaussons pour quelques longueurs car je confirme ce que les potes m'ont dit. Les V+ ne risquent pas d'être décotés, en particulier le premier pas de la voie, en conglomérat (!), coté même V dans certains topos. Au niveau du Cristallo, le névé central qui reste toute l'année, deux longueurs sont en rocher orange bizarre demandant pas mal d'attention. La seconde partie est plus facile et roulante mais il reste du chemin. Contrairement à d'autres voies classiques et fréquentées des Dolomites, ici ce n'est pas truffé de pitons dès que ça se durcit et une autre particularité de la Solleder-Lettenbauer est qu'il faut rester bien concentré toute la journée sur le topo pour ne pas s'égarer.

Nous sommes arrivés au sommet en 11 heures d'escalade bien remplies, vraiment impressionnés par l'audace et la solidité des ouvreurs qui en 1925 n'ont mis que 15 heures et utilisé 12 pitons lors de la première. Encore une voie qui témoigne des décennies d'avance qu'avaient les grimpeurs des Dolomites sur leurs homologues des Alpes Occidentales. Nous avons eu le temps de descendre le soir même à Agordo sans rallumer la frontale, en passant par la ferrata Tissi puis les fabuleux plateaux et vallons qui contournent la Torre Trieste pour ramener en vallée. Après la Walker aux Jorasses en juillet, on va finir par surnommer Kaoli "madame faces nord"... Encore bravo et merci !

On peut trouver un diaporama de cette voie sur mon site en cliquant ici







mardi 16 août 2022

ROC

Voici un magnifique livre que je recommande vivement, écrit par les copains Jérome Blanc Gras et Manu Ibarra après des années de travail. C'est aux Éditions du Mont Blanc (Catherine Destivelle). La partie historique est particulièrement fournie et intéressante car on y trouve beaucoup de choses peu connues et plus originales que l'histoire officielle. Accessoirement, je me fais un peu de pub car j'ai donné nombreuses de mes photos pour cet ouvrage.



lundi 15 août 2022

Pène Sarrière noir et blanc

Une petite sélection d'images de l'arête sud du Pène Sarrière, souvent gravie dernièrement lors de stages d'autonomie en l'alpinisme